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camille-arzew a écrit le 30/01/2011 à 02h41

Voilà , Cher Alain votre livre est dans la bibliothèque d'Arzewville .
Des que j'en termine la lecture , je vous livre mes impressions, mais peut-être que d'autres personnes l'auront lu et posteront avant moi.....
Mille excuses pour votre nom!!!!! Tout est en ordre maintenant...
A bientôt sur arzewville.!!!!!

alainbonet a écrit le 17/01/2011 à 14h51

Bonjour Camille,
Juste une information qui vous sera utile: Le roman TOUT CONTE FAIT,OU LA PERTE DES RACINES, est disponible sur Amazon.fr, sans frais de port, et sur 18 sites de ventes différents. Ou alors, si vous craignez Internet (comme beaucoup d'autres) vous pouvez le commander dans une librairie en donnant le titre, le nom de l'auteur, ALAIN BONET I JUAN ainsi que le distributeur, DAUDIN. J'espère que vous aimerez et que vous me donnerez votre opinion.
Oui, Arzew évoque pour moi toutes mes vacances, de 1945 à 1961, de 2 à 16 ans. D'abord près des Sablettes, entre l'usine à soufre et le fort, où nos parents montaient la guitoune, puis aux Sablettes, puis à la Fontaine des gazelles enfin, près du phare.
Je ne manquais aucune des fêtes si populaires d'Arzew. J'ai bien connu le dernier maire, Tournus je crois, ainsi que bien des arzewiens, alors que je vivais à Saint Denis du Sig et que j'étudiais de 58 à 62, près d'Alger.
Je réside actuellement en Espagne, depuis 1973, marié à une Bourguignonne, avec 2 filles et 3 petits enfants
Alain.

alainbonet a écrit le 14/01/2011 à 23h29

Como sé que algun español esta leiendo este blog, me atrevo a una pequeña traducción de un tramo de la novela que narra el primero viaje en avión que fue para huir del paraiso, esperando que le guste :
"¡Que precioso era este crepúsculo visto desde arriba! El horizonte español comiscaba a pequeñas dentadas el sol que se diluía sobre un fondo de camafeo. Los anaranjados trémulos alrededor del astro cuajaban en ocres amarillentos más arriba en el cielo. Ni rastro de bruma hacia el suelo. La nitidez del aire permitía distinguir ínfimos detalles con una precisión inaudita. Aquí un arrastrero, allá un buque entrando en el puerto de Palma. Allá abajo, cada cual iba seguramente a sus cosas, ignorante del drama que estábamos padeciendo..."

alainbonet a écrit le 14/01/2011 à 23h19

Les accords d’Évian avaient marqué l’équinoxe de printemps. Désormais les jours étaient plus longs que les nuits, et le couvre-feu paraissait interminable. Le soleil noir du désespoir montait chaque jour un peu plus haut dans un ciel obscurci par des évènements tragiques. La violence, les exactions, les tortures, les meurtres, les attentats se surpassaient dans l’horreur. On se terrait. On avait peur. On attendait un miracle qui ne viendrait pas. Dès avril, des Pieds-Noirs commencèrent à fuir par milliers dans un crescendo d’atrocités et d’horreurs. À Oran, le vingt-huit février déjà, une nouvelle modalité d’attentat avait été essayée avec un succès terrifiant qui fit école par la suite dans le monde fou de la violence aveugle : la voiture piégée. Des dizaines de morts, des centaines de blessés en une seule fois, dans la Ville Nouvelle d’Oran, bastion musulman de la ville la plus européenne d’Algérie. Ce carnage fut dépassé dans l’horreur le deux mai, où un autre véhicule bourré de dynamite explosa au milieu de centaines de dockers dans le port d’Alger. Les giboulées de printemps, c’était des averses de sang, des pluies de larmes. On opposait des morts aux morts. L’explosion des fleurs printanières, c’était dans les cimetières qu’elle avait lieu, engraissés par tant de cadavres. La violence atteignait son paroxysme dans le désespoir et la peur, et la riposte des extrémistes algériens se traduisit par une vague d’enlèvements et de disparitions de Pieds-Noirs trop confiants à l’approche de la date de l’indépendance.
Le pays se vida en mai et juin, de plus en plus rapidement, comme une plaie béante mal garrottée. Les Pieds-Noirs jusqu’au-boutistes n’avaient pu endiguer cette fuite, ni par la menace, ni par la persuasion, ni par la répression.
(Tout conte fait, ou la perte des racines)

Toinou d'Arzew a écrit le 14/01/2011 à 18h43

Sa note :10/10

Cher compatriote, tu es semblable à quasiment nous tous dont les grands-parents voire les arrières grands-parents quittèrent leur sol natal dans la seconde moitié du 19ème siècle, cette Andalousie et juqu'au pays Valencien où règnait une misère qui aurait pu mener à une guerre civile sans la soupape de sécurité que représentait l'Algèrie naissante. En s'expatriant ils firent la richesse de ce pays, notamment dans cette "Oranie Espagnole" et moururent sans savoir qu'un jour tous leurs sacrifices deviendraient vains et que leurs descendants seraient impitoyablement chassés de ce qui était leur patrie. Comme toi je me suis attaché à pratiquer la langue de mes ancêtre en séjournant moitié en Espagne, moitié en France. Comme toi je me suis confronté à l'écriture,sans idée de profit, et viens
de publier un ouvrage à compte d'auteur intitulé "Del Otro Lado del Mar" où je raconte, pour mes descendants "Pieds-Gris" et aussi pour mes amis l'épopée de ma famille en Algérie et en France car j'ai la faiblesse de croire que nul ne peut savoir où il va sans savoir d'où il vient.
J'ai collaboré également à la création et à l'enrichissement d'un site internet <arzew.fr> que peut être tu as déja eu l'occasion de consulter, sinon je t'encourage à le faire. Fraternelles salutations.

alainbonet a écrit le 13/01/2011 à 21h59

Mon roman intitulé TOUT CONTE FAIT, OU LA PERTE DES RACINES, raconte l'aventure de quatre générations d'immigrants, tous chassés de leur terre pour des raisons différentes. L'histoire débute par l'enlèvement et assassinat de mes amis d'enfance. Elle termine par un retour en Algérie 10 ans plus tard, avec une vision complètement différente sur une terre dévastée.
http://alainbonetjuan.blogspot.com

jeanie a écrit le 13/01/2011 à 18h10

Sa note :10/10

Je découvre là, un beau texte qui traduit parfaitement ce qui fut notre histoire.Des grands parents,je n'ai connu que ma grand -mère paternelle et encore très peu .La langue espagnole était beaucoup parlée par mes tantes et mes oncles, ainés de mes parents, qui eux avaient quitté l'andalousie dans les années 20,ils parlaient que très rarement le francais, ou bien alors, en mélangeant les deux au gré de leur savoir.
Ma mère également native de Dalias s'exprimait et écrivait parfaitement la langue de son pays d'origine, mais avec son désir de nous inculquer le francais dans son parlé comme dans l'écriture, pour cela nous lui sommes reconnaissantes , mes soeurs et moi même sommes passées à coté de la chance d'apprendre la langue de nos ancètres. On possède quelques bases bien médiocres mais lorsque nous sommes en espagne, ça revient vite, c'est dans nos gènes!!!
On sait d'où on vient, l'Espagne est le pays de nos ancètres et nous ne l'oublierons jamais.

alainbonet a écrit le 13/01/2011 à 15h43

Aucun de mes quatre grands-parents ne parlait français ; tout au moins, de façon suffisamment fluide et intelligible. Fuyant leur terre espagnole ils ont essayé toute leur vie durant de s’intégrer dans l’environnement français où ils se trouvaient. De toutes leurs forces.
Cependant, jamais aucun des quatre ne m’a parlé autrement que dans cette langue qu’ils ne dominaient pas. Ils me parlaient avec leurs mots à eux, utilisant un vocabulaire simple et dépouillé, francisant les termes espagnols dont ils ignoraient la traduction et voyaient avec bonheur mes progrès dans la langue de Molière. Ma petite enfance insouciante sous un ciel bleu azur baigné de lumière a été imprégnée de lectures. La guerre sournoise qui a tronqué brutalement mon adolescence n’a pas entamé cette boulimie qui se poursuit encore aujourd’hui.
La France pour moi, c’était Victor Hugo, Rimbaud, Giono et les autres. C’était les phrases, les mots, les vers. J’imaginais mal un pays que je savais plus froid, plus humide, où les fleuves jamais taris pouvaient porter des bateaux, où les neiges aux sommets des montagnes ne fondaient jamais, où seuls les nantis pouvaient voyager, et nos pères aussi au hasard des guerres.
J’aurais aimé faire une carrière littéraire, mais mon père en décida autrement sous prétexte que les métiers qui en découlaient ne nourrissaient pas leur homme. Les hasards de la vie m’ont fait revenir, depuis bientôt trente-sept ans, sur la terre de mes ancêtres. J’y ai appris la langue avec plaisir et délectation, je l’utilise tous les jours, mais je ne peux rêver qu’en français, compter qu’en français. Penser qu’en français.
De mes deux patries, je me suis approprié le meilleur, mais sans pouvoir rayer de ma mémoire mes racines arrachées.

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