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Maria Valtorta : Il vit et il crut : Pourquoi Maria Valtorta n'en parle pas ?

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Jean Paul
Visiteur


Date du message : lundi 21 mai 2018 à 21h12


En général, quand quelqu'un se sent "bien-aimé" de son chef, il ne le clame pas haut et fort par humilité ! C'est souvent l'affaire de ses autres collègues, secrètement jaloux ou non, de lui trouver un surnom !. Or, Jean, je présume, était appelé Jean par les autres apôtres. Pourquoi alors, au risque de rendre son récit moins authentique vis-à-vis des générations futures de croyants, se serait-il abrité sous cette appellation devenue célèbre du disciple bien-aimé pour écrire à la troisième personne son Evangile ?
Les autobiographies ne se discutent pas alors que les biographies sont sujettes à polémique surtout quand il est démontré que l'auteur n'est pas un témoin oculaire et se contente de rapporter ce qu'il sait sur la vie de son personnage.
Si Jean avait dit : Je vis et Je crus, tout aurait été clair mais l'auteur a écrit : il vit et il crut. Cependant cette différenciation entre l'auteur et le disciple bien aimé, en rendant sujet à caution le témoignage sur l'état de croyance de Jean devant le tombeau vide, ne permet pas, pour autant, de lever les contradictions qui existent entre cet Evangile et les visions de Maria Valtorta.

En effet, ce que Maria Valtorta décrit dans le chapitre 619 du tome 10 semble en contradiction avec l'état d'âme de Jean. Pierre a certes une attitude moqueuse et peu respectueuse envers les femmes mais Jean semble se faire son complice par son silence et son attitude consentante, MV estimant même que les 2 apôtres ridiculisent les femmes.

Vous êtes folles, femmes, dit Pierre. La douleur vous aura troublées
Marie d’Alphée, dit à Salomé :
"Retournons y toutes les deux. Voyons si nous sommes toutes ivres…"
Et elles courent dehors.
Les autres restent, paisiblement ridiculisées par les deux apôtres.

J'imagine bien scène et les rires !
Dans sa Cathéchèse du mardi 30 juillet 1946, Jésus montre en exemple Jean, qui excelle dans l'art de paraître et de laisser croire qu'il est aussi obtus et incrédule que son chef Pierre. Si réellement le récit de Maria Valtorta est conforme à la vérité, Jean s'avère effectivement un bon comédien dans ce domaine !

Message

Valtortiste91
Visiteur


Date du message : mardi 22 mai 2018 à 00h53


Jean Paul a écrit :

....Vous êtes folles, femmes, dit Pierre. La douleur vous aura troublées
Marie d’Alphée, dit à Salomé :
"Retournons y toutes les deux. Voyons si nous sommes toutes ivres…"
Et elles courent dehors.
Les autres restent, paisiblement ridiculisées par les deux apôtres.

J'imagine bien scène et les rires !
...

Qu'y a-t-il d'étrange ? L’Évangile atteste que les apôtres trouvèrent "délirants" les propos des femmes (Luc 24,11)
Et Marc atteste que les apôtres ne crurent pas les témoins. Jésus leur reproche d'ailleurs "leur incrédulité et leur dureté de cœur, pour n'avoir pas cru ceux qui l'avaient vu ressuscité des morts" (Marc 16,14).

Maria Valtorta est donc conforme à l’Évangile dans le passage que tu rapportes.

La contradiction vient que, dans les évangiles mêmes (et non dans Maria Valtorta/Évangile), on lit que Jean "vis et crut". Ce qui ne se retrouvent pas dans les autres affirmations de l’Évangile qui semblent le contredire. Sauf si Jean a réellement cru à la Résurrection et ne l'a pas proclamé en contredisant ouvertement Pierre. C'est ce qu'affirme Maria Valtorta et c'est logique, car pour le faire, il aurait fallu une grande "engueulade", Pierre n'y croyant absolument pas. Pas plus que Thomas ne croit le témoignage unanime de ses confrères. Y en-a-t-il un qui lui rétorque en élevant la voix "Puisqu'on te dit qu'on l'a vu et qu'il a mangé avec nous !!!"

Pourquoi Jean est-il attristé ? parce qu'il pense que Jésus ressuscité est remonté vers son Père comme il l'avait annoncé peu de temps auparavant (à la Cène). Il l'a perdu. Tout est fini. c'est d'une foi simple et pure.

Je ne pense pas qu'un jugement sur la" normalité" soit adapté au contexte, comme on ne peut pas demander aux rescapés de l'attentat du "Bataclan" d'avoir un comportement de retenue et de mesure, même trois jours après. D'ailleurs, quand Jean et Marie reviennent au Tombeau (EMV 643.7), Jean précise qu'ils étaient "secoués" lors de la découverte du tombeau vide.

Ce sont ces mêmes comportements exagérés, d'une véracité humaine criante, que l'on retrouve dans le récit d'un témoin du massacre des innocents.

La pertinence de Maria Valtorta tient dans ce que, là comme ailleurs, elle restaure la simplicité évangélique des apparentes contradictions des textes canoniques.

Message

Valtortiste91
Visiteur


Date du message : mardi 22 mai 2018 à 07h55


Jean Paul a écrit :

En général, quand quelqu'un se sent "bien-aimé" de son chef, il ne le clame pas haut et fort par humilité ! C'est souvent l'affaire de ses autres collègues, secrètement jaloux ou non, de lui trouver un surnom !. Or, Jean, je présume, était appelé Jean par les autres apôtres. Pourquoi alors, au risque de rendre son récit moins authentique vis-à-vis des générations futures de croyants, se serait-il abrité sous cette appellation devenue célèbre du disciple bien-aimé pour écrire à la troisième personne son Evangile ?
Les autobiographies ne se discutent pas alors que les biographies sont sujettes à polémique surtout quand il est démontré que l'auteur n'est pas un témoin oculaire et se contente de rapporter ce qu'il sait sur la vie de son personnage.
...

C'est pour le coup que Jean écrivant "Je suis l'apôtre bien-aimé" aurait semblé enflé d'orgueil ! Pourquoi est-il "bien-aimé" ? parce que Jésus l'a donné en exemple. Il n'est pas avare, dans l’Évangile comme dans Maria Valtorta, de ces "diplômes" décernés publiquement : Marie Madeleine a "beaucoup aimé". Pierre est un roc et devient le chef. Barthélemy est un "israélite sans détours". Il sélectionne des apôtres parmi les disciples pourtant fidèles. Il sélectionne des favoris parmi les apôtres. Etc. L’Évangile nous le dit, Maria Valtorta nous le justifie. Ce n'est que l'envie qui nous fait jalouser la grâce qui touche l'autre.

Pourquoi le style indirect de celui qui, à la fin de son évangile, comme au début, atteste être le témoin de tout ce qu'il a écrit ? C'est le même qui fait parler Matthieu de sa conversion à la troisième personne.

Jean l'apôtre est-il l'évangéliste ? Cette ancienne tradition remontant à Irénée de Lyon (2ème siècle) est combattu par certains. C'est pourquoi je rêve d'écrire un jour que Judas est en fait Dark Vador passé du côté obscur de la Force. J'en rêve pour avoir le plaisir de voir reprendre cette galéjade sous le vocable "certains pensent que ..." par Wikipedia, par la Télé ou par quelques historiens anticléricaux.

Message

Jean Paul
Visiteur


Date du message : mardi 22 mai 2018 à 15h29


Bonjour Valtortiste

Je pense comme toi que l'insertion, par l'auteur de l'Evangile de Saint Jean, de cette remarque poétique :" Il vit et il crut", qu'on ne retrouve dans aucun autre Evangile, ne traduit pas une foi en la résurrection des corps mais une simple foi en Jésus. Jean est triste parce que son maître a disparu mais intérieurement heureux car rien n'accrédite un éventuel enlèvement avec précipitation de son corps puisque tout est bien rangé. Jésus vit donc toujours pour lui mais a regagné son fauteuil de Roi dans ce royaume de Dieu qu'il situait, devant Pilate, comme hors de notre monde.
En clair, Jean a compris certaines choses mais n'a pas tout compris !
Jean a vu ! oui mais avec les yeux du cœur !
C'est pour cela que sa foi en Jésus a changé de dimension !
Car pour percer l'essentiel du message laissé par cette mise en scène, il fallait voir l'intérieur du tombeau vide avec le cœur et non avec les yeux !

Notre religion est sage et folle. Sage, parce qu'elle est celle qui est la plus confortée par la raison. Folle, parce que ce n'est point d'abord à cause de sa sagesse qu'on en fait partie." Citation de Pascal

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