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Cet article a été publié le 20/09/2011 à 05h38 par Carol S. et a été consulté 230 fois.


" La pensée est la matière que je travaille au corps pour affleurer la vie parce qu'elle est la surface que l'on arpente pour s'y frayer un chemin… "

Virginie Boutin, artiste-essayiste.

Comment a-t-on pu penser qu'à force de penser, la pensée parviendrait à autre chose
qu'elle-même ? La première croyance de la pensée, c'est elle-même.
Mon travail ne consiste pas à représenter le réel mais à représenter la pensée au sein du réel.
Or comment représenter la pensée à elle-même ; donner à voir le processus réflexif de tout esprit qui se produit


Tour de tête.80x90x60.2009



www.virginieboutin.org/
***

Interstice -Une image de la pensée dont l'art est l'anamorphose.

En dépit des apparences, l'art ne fabrique pas de représentation du réel mais tend à représenter la pensée au sein du réel, car la pensée ne représente pas le réel, elle s'y représente elle-même.

L'illusion n'est pas là où on l'imagine. Si nous cultivons le monde en idées, c'est parce que la pensée l'ensemence, et non parce qu'il a été originellement pensé, c'est-à-dire conçu par un esprit du même acabit que le nôtre.

En d'autres termes, la représentation dont use l'art n'enferme pas le réel dans l'image que la pensée s'en fait, mais forme l'image de la pensée, qui en se réalisant, virtualise le réel.

La pensée est l'espace où nous sommes au monde et d'où nous le projetons - un entre-monde -ce pourquoi elle n'est jamais au réel sans en être tout à fait hors, sur le bord, entre le corps et le dehors, à mi-lieu des deux bien qu'au milieu de nulle part, comme le point de fuite où s'artificialise leur rapport.

La réalité de la pensée, sans implantation réelle, est d'incorporer la vie. Elle ne s'invente qu'à l'endroit de son entrecroisement immanent, l'intermédiarité pour dispositif d'où émerge le jeu synaptique et neuronal dont les connexions et variations sont la dimension. La machinerie cérébrale s'agrège au réel en établissant les liaisons entre nos sens qui sont les prolongements organiques et fonctionnels résultant précisément du contact entre l'espace vital et l'espace réel.


Synapses.Cartographie mentale participative.90cmx95cmx4cm.2009

Leur corrélation est l'interstice dans lequel se hasarde nécessairement la pensée.

En ce sens, préliminairement à toute tentative de représenter le réel, la synesthésie sensible qu'opère la pensée l'entraîne à effectuer en permanence des modifications de soi, en fonction des variables corps et dehors dont elle produit la relation.

Phénoménalement, la pensée est une ininterrompue métamorphose, une réaction en chaîne continue.

Or, bien que la pensée soit en dehors du réel, elle n'en n'est pas moins au-dedans d'elle-même.

Notre esprit est l'infinie surface que l'on arpente pour affleurer la vie et s'y frayer un chemin. Une scène incessante où les interactions dialoguent comme autant de personnages démultipliant les fables, sans jamais déserter leur propre théâtre.

Car la pensée est incapable de se quitter, inapte à ne plus penser, d'où sa foi confuse en son absoluité, qui pourrait bien tenir sa raison d'être de la donnée immédiate de son élémentaire indissociabilité.

La pensée est notre horizon indépassable dont le réel n'est qu'un paysage, discontinu et fragmentaire, le seul hors-champs où projeter les effets de sa machinerie.
Toutefois, ça n'est pas sa propre image que la pensée réfléchit sur le monde, elle est impuissance à s'imaginer, son oscillation continue n'est pas capturable. Ce que la pensée met en scène, c'est le rapport entre le corps et le dehors. Sur le fil de leur intersection, la pensée imagine dans la marge.

C'est l'image de cette relation constitutive façonnant sa réalité mouvante que la pensée projette. Elle qui ne se fait et ne se refait qu'à l'intérieur de cette interaction, la reproduit indéfiniment, si bien que la pensée n'existe que dans la représentation de son processus irreprésentable.

L'art ne représente donc pas le réel, il donne à voir la représentation. C'est-à-dire que derrière ce que nous prenons pour une apparence, se manifeste la réalité de notre pensée qui déborde notre imagination.

De la même manière que nous ne pouvons imaginer un univers infini en expansion, nous ne pouvons former l'image d'une pensée indéfinie en évolution, mais nous pouvons en former l'idée.




Renversement.280 x 130 x 50 cm. 2009

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