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Actualités - Journal de L'A.E.E.M.O

La Ballade "Oranaise" - René Montaner

mardi 8 avril 2014 à 22h20 par Equinoxe Bruno

La Ballade "Oranaise" - René Montaner

Une Ballade Oranaise.......A sa façon, notre ami René Montaner nous transmet, à titre personnel, quelques lignes évoquant notre cher quartier de La Marine. Prenez le temps de parcourir ces belles phrases et de révasser sereinement...!

EN VIDEO CLIQUEZ ICI !!!
La Ballade "Oranaise" ...
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( sur la musique ... de la ballade nord-irlandaise de Renaud)
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Nous avons tous au fond du coeur
Des souvenirs de notre quartier
De cette école où notre bonheur
Etait d'apprendre l'amitié.

Nous avons tous au fond des yeux
Le souvenir de filles qu'on aimait
De places aussi où pour être heureux
Il nous suffisait d'un baiser

Nous avons tous au fond de l'âme
Un peu de vague et de regret
de cette jeunesse qui a vu sa flamme
Disparaître un jour de juillet

Nous avons tous gardé nos cordes
Celles de nos voix pour crier très fort
que nous resterons fidèles aux ombres
de tous ceux qui pour nous sont morts

Nous avons tous gardé l'accent
Celui d'Oran au parfum salé
De Santa Cruz jusqu'au Cap Falcon
Nos coeurs sont restés accrochés

Nous savons tous qu'un jour viendra
Ou nos derniers gestes et nos pensées
Iront vers cette petite place là-bas
Où nous étions tous écoliers...

René Montaner

* La Ballade Nord-Irlandaise :
La musique traditionnelle de cette ballade est tirée du folklore Irlandais du XVIII siècle;
l'adaptation française est de Renaud SECHAN
etL'harmonisation de jean claude Oudot;
l'interprète est Renaud.

Conte de Noël - R.MATEO

dimanche 23 décembre 2012 à 15h32 par Equinoxe B.

Conte de Noël - R.MATEO

CONTE DE NOÊL

Bonjour à tous
Je profite de l'occasion du CONTE DE NOÊL - "sujet porteur" par excellence, habilement suggéré par René - pour vous narrer à mon tour ce NOËL de 1955, si ma mémoire est bonne.

Pourquoi 1955 ? Parce que c'était exactement douze ans auparavant, en Décembre 1943 qu'était décédé le fameux pianiste de Jazz FATS WALLER, très connu à l'époque et de nos jours, chose que j'ignorais et dont j'ai fait le rapprochement par la suite, car né moi-même début 43.

Mais quelle relation avec NOËL ? Nous y voilà !
Tout petit déjà, j'étais fana de musique, quelle qu'elle soit, et nous écoutions très souvent la radio en famille à cette époque, car pas de télé pour nous distraire autrement.

Mes frères ainés Isidore et Roger - Dominique étant déjà parti en Métropole pour tenter sa chance dans le football professionnel - avaient chacun leurs émissions préférées, que nous partagions avec nos parents lorsqu'il s'agissait d'écouter la famille Duraton ou autres feuilletons populaires de l'époque

Conte de Noël - R.MATEO

dimanche 23 décembre 2012 à 15h31 par Equinoxe B.

Mais c'est surtout la musique qu'ils écoutaient en début de soirée, dès qu'ils arrivaient du travail, et notamment la musique de Jazz, qui faisait fureur en France après-guerre, et qui était très présente sur les ondes radio que l'on captait très bien depuis l'Algérie.
Ce style musical plaisait énormément à la jeunesse Pied-Noir, étant surtout utilisé dans les surboums, et que quelques orchestres de renom comme Jacques Hélian ou Ray Ventura interprétaient lors de leurs multiples tournées sur notre sol natal.

Moi, tout petit, j'écoutais sans en avoir l'air tout ce qui passait à portée de mes oreilles et retenais sans trop d'efforts tous les tubes musicaux de l'époque...en faisant mes devoirs sur la table de la salle à manger, tout près du poste.

Notre poste DUCRETET-THOMSON avec son diapason doré en façade était - pour moi - une pure merveille, et je poussais souvent avec délice à gauche ou à droite le curseur "double fonction" qui se transformait en molette pour atteindre avec précision la fréquence voulue. Les noms des plus grandes villes du monde entier apparaissaient sur le long écran lumineux avec sa vitre bombée: Paris, Londres, New-York, Madrid, Varsovie,
Lisbonne, Hilversum, New Delhi etc...et je cherchais à situer toutes ces capitales sur le Grand Atlas.. Un moyen d'apprendre la Géo sans s'en rendre compte.
Mon attention redoublait lorsque démarrait l'émission de Jazz du Hot Club de France, de Daniel FILIPACCHI, reconnaissable à son indicatif qui me "scotchait" littéralement au poste, et dont je ne connaissais même pas le titre : un départ avec un solo de trompette de huit mesures sans aucun autre instrument, alliant dextérité, précision et sonorité, puis le thème démarrait.

Conte de Noël - R.MATEO

dimanche 23 décembre 2012 à 15h28 par Equinoxe B.

Suite...

Suivaient sept ou huit thèmes dont Daniel donnait les titres et les noms des interprètes, avec un commentaire précis pour chacun d'entre eux, et....j'attendais la fin de l'émission pour réécouter cet indicatif. Ouf!
Au bout de quelque temps, j'enquiquinais tellement mes frères avec mes questions sur ce morceau de musique qu'ils me menacèrent de m'envoyer dans la chambre faire mes devoirs, au lieu de faire semblant de travailler. Je n'insistai plus...

Tout redevint normal, et le même scénario se renouvela de semaine en semaine sans aucune réaction de ma part.

NOËL approchait à grands pas, et je ne me souciais pas vraiment du ou des cadeaux que je pouvais avoir, priant cependant que Thérésa, la cousine de ma mère, veuille bien me "faire" son Noël habituel: le dernier album de SPIROU, avec les Marsupilami, Buck Danny, Les belles Histoires de l'Oncle Paul, etc que je rangerais dans ma collection... après l'avoir lu au moins trois fois.

Les gamins que nous étions à l'époque acceptaient tous les cadeaux, aussi modestes soient-ils, et je trouvais à chaque fois les miens rangés devant la Crèche, qui servait déjà pour mes frères. Je participais toujours minutieusement au montage quelques jours avant Noël, en étalant toutes les pièces contenues dans une vieille valise en bois dans la salle à manger, au grand dam de Maman, qui avait du mal à circuler.

Conte de Noël - R.MATEO

dimanche 23 décembre 2012 à 15h24 par Equinoxe B.

suite...

Ce matin de Noël, je fus réveillé très tôt par une musique que je connaissais par coeur, et qui provenait- assez bruyamment - de la salle à manger: l'indicatif du Hot Club de France, mais....pas à l'heure habituelle.

Je me précipitai depuis ma chambre dans la pièce et là, merveille des merveilles, un tourne-disque TEPPAZ branché sur notre bon vieux poste radio débitait le thème à partir d'un microsillon 33 tours posé sur la platine, sous les yeux goguenards de toute la famille...

Ce cadeau, inattendu, que je pourrais qualifier de "collectif", préparé à mon insu sans que personne ait vendu la mèche, a été pour moi le début de mon apprentissage musical, et en particulier du JAZZ.

Mon père disait souvent en rentrant dans la maison - et çà me fait rire encore- "allez, encore une Rondelle Américaine" en parlant des disques Américains qui défilaient sans cesse. Heureuse Epoque..

Le thème joué dans l'indicatif du hot Club de France était: CORNET SHOP SUEY interprété par....le grand Louis ARMSTRONG avec son orchestre Hot Five, l'enregistrement datant de 1926, soit...29 ans avant.

EPILOGUE: Quelques jours après Noël, j'achetai mon premier disque 33 tours intitulé "SATCH PLAY FATS" ( L.ARMSTRONG interprète FATS WALLER) qui trônait dans la vitrine de la boutique d'Electro-Ménager ELECTRO CHARLES, rue Haute d'Orléans, juste avant la Porte de CANASTEL ( fief de René) et en face du Bar RODRIGUEZ, dont je garde encore en mémoire et en bouche le goût des KEMIAS avec ses MELSAS,"TRAMOUSSOS" et autres succulentes BROCHETTES grillées qui "attendaient les clients" en provenance des différents stades alentour après les compétitions sportives du Dimanche matin ou après-midi, et qui consultaient et commentaient depuis le comptoir avec force Anisettes, gesticulations, voire vociférations, les résultats des différents matchs de la journée......

Joyeux Noël !

R.MATEO

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