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Actualités - Journal de L'A.E.E.M.O

Les Contes de Noël

vendredi 9 décembre 2011 à 11h31 par Equinoxe Bruno

Les Contes de Noël

Après le conte de Marcelle, voici celui de René afin d'inciter les Marineros (as) à poursuivre la série:

« Souvenirs de la Place de la République »

En cette nuit de Noël, une fine pluie tombait sur l’asphalte de la Place de la République.

Dans la lumière blafarde de ses réverbères, quelques passants hâtaient le pas, les bras chargés de paquets volumineux tandis que, les Cafés commençaient à tirer leurs rideaux.
Aux fenêtres des immeubles voisins, on pouvait deviner, grâce au clignotement de leurs lueurs, les guirlandes multicolores qui ornaient les petits sapins de Noël au pied desquels, les enfants allaient découvrir, dans quelques heures, de merveilleux jouets.

Sur la Place, la fontaine Aucour, toujours envahie par un lierre vivace et grimpant, semblait triste de l’absence des enfants du quartier qui venaient souvent y jouer en s’installant sur le dos vermoulu,de deux lions ailés.
Un peu plus loin, vers le milieu de la place, on pouvait apercevoir dans la pénombre, le fameux kiosque à Musique qui souvent, voire très souvent, fit tourner la tête et les jambes ! de pas mal de jeunes du quartier.

En repensant à ce kiosque et en fermant un peu les yeux, il était encore facile d’imaginer, ce qu’était cette fête de quartier qui avait lieu, chaque année, durant la période du 14 juillet.

Là… pendant toute une semaine, la place de la République, la bien nommée ! faisait les 400 coups !
Elle devenait tour à tour, une scène de Music-hall, une piste de danse à ciel ouvert, un parc d’attraction de jeux forains ainsi que le lieu de rencontre idéal des petits et des grands, sans parler bien entendu…des rendez-vous amoureux où s’échangeaient furtivement, les premiers baisers.

C’est dans ce cadre ,tout à la fois magique et magnifique, que je revois encore mon « Grand frère » Guy,à peine âgé de 18 ans, participer pour la première fois, à ce fameux radio crochet qui devait désigner, la plus belle voix du quartier.

Après avoir passé, sans encombre, la phase des éliminatoires, en interprétant la chanson « si toi aussi tu m’abandonnes… » de John William, Guy se retrouva, en Finale, opposé à un très sérieux candidat. Ce dernier qui s’accompagnait à la guitare, commença le premier !

Il chanta « Un mexicain basané…» de Marcel Amont. Il obtint un franc succès car, je crois que ce fut davantage son jeu de scène, plus que sa voix, qui plut au public.
Puis vint le tour de Guy. Dès qu’il attaqua les premières notes de la fameuse chanson « Jezebel », le public retint son souffle. Sa voix de « crooner » mit tout le monde sous le charme jusqu’au final qui fut splendide et couvert en partie, par de vibrants applaudissements.
.......................à suivre

Les Contes de Noël

vendredi 9 décembre 2011 à 11h29 par Equinoxe Bruno

Les Contes de Noël

Le conte de René (suite):
..........
Dans ces conditions, le jury n’eut aucune peine à départager les candidats tant l’écart à l’applaudi maître fut grand, en sa faveur.
Guy, fidèle à lui-même, et à l’image qu’on lui connaît, eut le succès modeste.
Inutile de vous dire combien, de mon coté, j’étais heureux et fier d’être le porteur de service, auquel on remis les lots du vainqueur et en particulier, un électrophone « Téppaz »
accompagné d’une série de 45 tours de Gilbert Bécaud de Jacques Brel et de Charles Aznavour…

Puis le temps passa…jusqu’à cette fameuse nuit de Noël, dont je vous parlais au début du conte.

Comme Tous les ans, nous allions en famille, assister à la Messe de Minuit du Patronage.
Guy et moi faisions partie de la chorale de monsieur Théodore qui se tenait au balcon, situé au fond de la chapelle.
Une demi-heure avant l’entame de l’office, une rumeur se répandit comme une traînée de poudre.
Monsieur Costa, le ténor soliste de la chorale qui devait faire l’ouverture de la messe en chantant le « Minuit Chrétien » venait d’être « terrassé ! » par la grippe …A la Marine, il ne pouvait s’agir, bien évidemment, que de la Grippe Espagnole !
…C’est dire qu’il n’y avait pratiquement aucun espoir de le voir arriver car il était alité pour au moins quatre jours !
- Comment allons-nous faire ?... se lamentait M. Théodore.
- une messe de Noël sans « Minuit Chrétien » c’est impensable…ajoutait le Père Perin
Le Père Santonja, curé de la paroisse, en pleine préparation et concentration de son homélie sur l’âne le bœuf et l’enfant –Dieu, ne savait plus à quel Saint se vouer …oubliant même, au passage, le vénéré Don Bosco, fondateur de l’ordre des Salésiens dont il faisait partie…
Monsieur Tricot que l’on surnommait plus craintivement et ironiquement « Papa Tricot ! » intervint à son tour au « poulailler ! ».
Grand spécialiste de l’ouverture des portes et placards, il commença par nous rappeler à l’ordre et au silence.
Ensuite et tel St Pierre brandissant la bonne clé de son trousseau, il lança à la cantonade :
- est-ce que quelqu’un parmi vous, se sentirait capable de chanter le « Minuit chrétien ? »

C’est alors que, prenant mon courage à deux mains, je m’exclamais !...

Les Contes de Noël

vendredi 9 décembre 2011 à 11h17 par Equinoxe Bruno

Les Contes de Noël

le conte de René (suite et fin):

........Oh !…Oui Monsieur… Moi. !... Enfin, je veux dire que Moi…je connais quelqu’un qui sait le chant par coeur…demandez le à Guy …et vous verrez !
- Comment dis-tu…Guy, le connaît par cœur… mais alors, nous allons tout de suite faire un essai, avec lui…dit M. Théodore.
Aussitôt dit, aussitôt fait…Guy fut pris « au pied levé » ; il ne lui suffit que d’une seule et brève répétition pour ajuster sa voix de Baryton- ténor aux fines harmonies de ce magnifique chant de Noël.
Toutes celles et ceux qui, ce soir là, eurent l’occasion d’entendre ce « Minuit Chrétien », ne firent aucune différence entre l’interprétation impeccable de Guy et celle du chanteur titulaire malade…qui faisait partie du Grand chœur de L’opéra d’Oran !
Seuls mes parents qui étaient assis, dans l’assemblée…reconnurent sa voix ce qui, durant quelques instants, les transporta … sur un petit nuage !

Alors qu’il me soit permis de croire que, par la magie de cette nuit de Noël, un petit miracle eut lieu ce soir là, dans cette chapelle où, l’ombre de la Place de La République (laïque) vola au secours de ce « sacré » patronage, en lui offrant ainsi …la plus belle de ses voix !

Preuve était faite, sous nos yeux et à nos oreilles que les fameuses voies du Seigneur restaient parfois… impénétrables !

Encore aujourd’hui, si d’aventure vous rencontrez Guy sur les bancs d’une église où ceux d’un banquet républicain, demandez lui de vous fredonner quelques notes de :

- L’Algérie …de Serge Lama
- L’Ave Maria de Gounod… (dans la version ch. Aznavour)
- Ou bien encore …le jour où la pluie viendra de G. Bécaud…
Alors …et alors seulement… vous remarquerez que, sous sa grande barbe de Père Noël, se cache encore, une voix dont la couleur et la douceur restent toujours …aussi belles que Là-bas !
Bon et joyeux Noël à Toutes et à Tous.
René Montaner

Hommage à Jeannot

samedi 13 août 2011 à 12h14 par Equinoxe Bruno

Notre ami René a souhaité rendre hommage à Jean Corbacho.....
Voici son texte intitulé "Adieu l'Ami"

"....Pour paraphraser un proverbe africain que nous connaissons bien, j’ai envie de dire que… « Chaque fois qu’un ami d’enfance de la Marine nous quitte, c’est un peu comme si une partie de nos souvenirs de jeunesse disparaissait avec lui. »
Du milieu de la rue Matelot Landini où il habitait, jusqu’en haut de la rue de l’Arsenal où j’habitais, nous avons eu le plaisir de nous parler souvent, d’écouter l’horloge de l’église St Louis, rythmer le cours du temps avec son carillon qui tintait tous les quart d’heures !
De voir l’arrivée des cigognes, venues d’Alsace, pour passer l’hiver dans le clocher voisin et surtout de nous arrêter chaque matin, au bas de la rue, là où, dans le virage de la maison Ambrosino, on pouvait découvrir, le port d’Oran, et la mer qui n’était jamais aussi belle que lorsqu’elle était en colère et que l’écume de ses vagues sautait par-dessus la jetée, obligeant les mouettes à voler très haut, dans la tempête et contre le vent.
Plus tard, lorsque nous nous sommes revus à Santa Susanna en 2007, j’ai eu la chance de recevoir de Jean (en main propre …) le dernier exemplaire du très beau texte qu’il avait écrit et fait imprimer sur papier glacé, sous une vue panoramique d’Oran .
Je me souviens encore de l’attention que nous portions à toutes les anecdotes qu’il savait si bien raconter ; il m’avait aussi parlé de son parcours professionnel réussi (dans le secteur bancaire) et de l’espoir qu’il avait, de pouvoir vivre une agréable retraite, en compagnie de son épouse.
Hélas des ennuis de santé, devaient le contraindre à vivre, au cours de ces dernières années, dans une situation où son cœur ne l’autorisait plus à partager les fatigues et surtout les émotions de nos rencontres.
Alors, la meilleure façon que j’ai trouvé pour lui dire « au revoir » c’est de lire à haute voix son texte : « Ma Ville…Mon quartier » et en particulier les trois derniers vers où il disait :

« Ô ville de mon enfance, Oran la tant aimée,
En mon âme, tu as à jamais gravé ton empreinte,
En te quittant, tu m’as fait étranger. »

Puissent nos pensées et notre profonde amitié réconforter et atténuer la peine de son épouse et de tous ses proches.
René Montaner....."

Pensées sincères et amiclaes de toute l'AEEMO
JdN

Auteur : de la part de René Montaner

L’Histoire d’ « El Gorriòn ! » - partie 1- René Montaner

mercredi 8 juin 2011 à 17h35 par Equinoxe Bruno

L’Histoire d’ « El Gorriòn ! »

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Comme de très nombreux enfants d’Aïn el Turck (berceau de ma famille) ou du quartier de la Marine Oranaise où je suis né, j’ai souvent entendu mes grands-parents et mes parents, me raconter des histoires de « Gorriòn » qui était un personnage très méchant qui passait dans les rues du village ou du quartier, le soir venu, pour emporter dans son sac, les petits enfants qui n’étaient pas sages et qui ne voulaient pas s’endormir !

J’avoue que je ne sais pas pourquoi ce personnage portait un tel nom mais, en espagnol, on pourrait le traduire par « moineau », à moins que ce ne fût pour désigner « un vilain moineau ! » ou pire encore « un sale moineau » !
Toujours est-il que nous en avions très peur, surtout lorsqu’il se mettait à frapper aux volets de nos chambres !

Avec le temps, et en comparant les époques, j’essaie de mesurer aujourd’hui, le chemin parcouru entre les générations anciennes et la nôtre, à travers quelques histoires qu’on raconte à nos petits enfants.
Même s’il n’est plus question de leur parler de « Gorriòn » ou de loup garou pour les soustraire aux écrans en tout genre, j’ai remarqué qu’ils sont toujours intéressés par les histoires de personnages de légende.

Pour ma part,il m’arrive quelques fois de lire à mon petit fils, ces fameuses aventures de « Nasr Eddin Hodja »…ce personnage mi-sage,mi-fou qui ,sur son âne,parcourait de très nombreux pays du Sud et de l’Est du Bassin Méditerranéen.

Parmi les nombreuses d’histoires qui circulent sur lui, j’ai choisi de vous en raconter une :

L’enfer ou le Paradis.

L’Histoire d’ « El Gorriòn ! » - partie 2 - René Montaner

mercredi 8 juin 2011 à 17h33 par Equinoxe Bruno

L’enfer ou le Paradis.


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A la fin de son prêche consacré aux souffrances qui attendent les damnés dans l’autre monde et aux joies réservées aux élus, l’Imam s’écrie :
- Ô croyants ! Que ceux qui veulent aller en enfer se lèvent !
Tout le monde reste assis, la tête baissée.

- C’est bien, musulmans ! Alors maintenant, que ceux qui veulent aller au paradis d’Allah se manifestent !
L’Assemblée des fidèles se met debout comme un seul homme, à l’exception de Nasr Eddin qui reste assis.

Eh bien, Hodja, il faut te décider ! Tu ne veux pas non plus aller au paradis, à ce que je vois…

- Non, allez-y, Vous. Moi, je reste ici.

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Ah ! C’est sans doute comme cela que nous aurions, nous aussi, répondu au Curé d’Aïn el Turck ou à celui du patronage de la Marine oranaise… s’il nous avait posé la question de la même manière !
Pour conclure, je ne vous cacherai pas que, souvent, je m’interroge pour savoir s’il y a autant de Paradis que de religions (sans compter ceux qui ne croient, ni à Dieu ni au Diable !).

J’ai entendu dire que, pour « les fidèles » de l’Aeemo et ceux de l’Amicale d’Aïn el Turck, il existerait un carré spécial tourné vers « la Grande Bleue » où seuls seraient acceptés les adhérents à jour de leur …cotisation !

Je n’en crois rien, même si l’époque est propice aux discriminations en tout genre !

Alors « Pieds-noirs » ou pas …athée ou calotin, mieux vaut clôturer le sujet par la chanson de Polnareff :
« …On ira tous au Paradis…on ira… ! »…j’entends d’ici, notre amie Marcelle qui s’écrie… « le plus tard possible! » et elle a raison…

René Montaner

Ps : merci d’avance à celles et ceux qui pourraient me renseigner sur les origines de ce fameux « Gorillòn » …

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