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circulations - rencontres entre participants

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Présentations des oeuvres croisées - 'tissages" - entre les participants du projet "circulations"

"tissage" toile de Carol shapiro sur une toile de Carl Heywards.

lundi 10 février 2014 à 02h43 par carol shapiro

Rencontre :
"tissage" toile de Carol shapiro sur une toile de Carl Heywards.

et parfois le son traverse

C'est un moment inattendu, parfois d'un coup, la peinture fait signe. On se retrouve porté. Au sol, devant une planche de bois qui ne demande rien. A chercher des couleurs, à prendre les matières dans le coin d'une pièce.. Et puis, "dans le jardin" d'un coup, les signes se placent s'entrecroisent s'intriguent mutuellement. L'autre soir une toile est arrivée sur le bois, venue en écho à une toile de Carl Heyward croisée sur les lignes de partage du sens ...

La peinture parfois vous fait signe dans l'instant d'une rencontre...le web et ses territoires entrecroisés laisse parfois, et souvent émerger des passages

and sometimes the sound passes through

This is an unexpected time, a sudden occurrence; painting gives us a sign : We find ourselves focused; on the ground, in front of a wooden board that asks nothing; searching for colors; taking the materials to the corner of a room ... and then, "in the garden", an immediacy: the signs, pieces and fragments arrange themselves in an intriguing manner and intersect each other. The other night a painting arrived on the wood, echoing a painting of Carl Heyward across the dividing lines of the traditional utility of the web ...

Painting sometimes transports one back in time for a meeting ... a reconciliation; the electronic web and it's interlocking silken threads transports beyond known territories and restrictive boundaries, and often transcendent passages emerge...

traduction C.Heyward.


shapiro -parfois le son traverse

Carol s.. et parfois le son traverse : encres brouillons équation et carte marines sur bois

en résonance avec :

Carl Heywards

Source : www.caravancafe-des-arts.com

Texte de Marc-Williams Debono sur "earth" - toile de Sayed raza

mardi 14 juin 2011 à 23h46 par Carol S.

Marc-Williams Debono sur earth, toile de Sayed Raza


http://plasticites-sciences-arts.org/





earth - sayed raza








A L'OREE DU JOUR


A l'orée du jour
Un jaune opacifié,
Une fournaise
Dont l'ombre
N'aurait jamais
Suivi le cours.

Cette ombre
Je l'ai muée
En trou de lumière,
En aveugle cécité,
Ce qui signifie
En langage nucléal
Traînée blanc-bleu,
Vide éreinté,
Ce qui pousse la nuit
A épouser le jour.

A l'orée du jour
Cette anecdote
D'un flanc équidé
Qui n'aurait jamais
Suivi le cours des ocres,
Aurait chevauché
L'étoilée bancale,
Se vautrant<
Dans les azurés,
Les gris fuligineux,
Aurait défié
Toutes les encres,
Les herses de feu,
Pour atteindre l'acmé,
La sublissime
Coulée jaune or
Qui humanise la chose,<
Conduit aux confins de.


Je suis allé puiser
Là,
Ce silence sacré.


MWD Longpont, Le 8 Juin 2011



Texte de carol shapiro sur une installation de gilbert pedinielli

samedi 25 septembre 2010 à 23h35 par Carol S.

Texte Carol Shapiro sur Diagonale de la folle, de Gilbert Pedinielli



Carrioles et synesthésies - équation des incertains
ou Marilyn M., fulgurance infinie d'une étoile



Dérouler cette pente. Se laisser onduler par les courbes. Glisser. Dévaler. Se perdre.

Plus vite encore mais immobile. Rencontre en soi qui ne cesse de se dire. Présence qui nous reconduit. Nous enlève.

New York libère ses néons. Murmures confrontés, fracas qui brûlent.

Certains ont cherché le jour entre les miradors des volets clos, juste laissant passer ce qui ne touche pas. D'autres ont tout donné à la lumière. Mirages et sensations. Désirs troublés dans l'inquiétude de la cassure.

Descendre. L'air froisse la peur. Bouscule. Réinvente la route. La raison.

Ils ont regardé passer ces éclairs météoriques. Flambé leurs fines particules.


Qui a vraiment rencontré cette fragile clarté d'une face qui cherche à parler ? Cette légère irisation du regard dans l'entrebâillement du geste qui se perd. Qui s'éloigne.

Franchir encore, vertigineusement. Le bruit ne dit plus rien. Les mots s'estompent. Inflexion magnétique.

Avancer dans l'infini de la question. Traverser cette improbable distance qui réunit, s'imagine ?

Certains n'ont pas entendu la parole d'exil. Cette demande infime qui s'attardait pourtant dans son regard.

Comment oublier ces errances parcourues dans le vertige ? Compter les mesures de cette solitude que l'envol a soulignée.

Enfance baladée dans les virages. Une étoile indécise que la mémoire raconte, indéfiniment, dans ce temps impensé de l'espace qui s'étend. Aussi.

Onde et particule, ici et là bas à la fois. Introuvable et indéfinie.

299 792 458 m/s. traversée des photons. Le temps se dérobe. Une intime équation. Une carriole de bois qui roule.



carol shapiro 20 septembre 2010 2:08













Diagonale de la folle

Il y en a qui disent que les chiffres cela ne veut rien dire
2006 br>
BOIS, Métaux, peinture, vernis
1M 20X 0M 65 X 0M 15.

voir la page sur le site

Toile de Carol Shapiro sur un Poème de Marc-Williams Debono

dimanche 19 septembre 2010 à 21h38 par Carol S.


Differences de bois, toile de Carol Shapiro sur " A l'Emporte Pièce", un texte de Marc-Williams Debono






bois sur toile - collages équations et carte. 2010





détail



carol shapiro- d'autres travaux sur le blog


interview et lien





Marc-Williams Debono




A l’Emporte-pièce






A l'emporte-pièce,

Un lacis dévoyé, un dessous d'onde

Une viole de gambe et deux ictères

Le devenir cahoteux du pli qui courbe,

De l'essaim devenu un.









Au dos,

La texture illicite d'un a-texte :

" Je est l'échine et toi la voûte

Nous inclinons vers soi "


Mais soi, est-ce nous ?









L'incompressible rumeur d'un réel attenant...







Soudain, un déhanchement

Dans la nuit peureuse, un, deux filets de jour

Des empreintes partout, un désir inassouvi

Je et l'amant avancent à petit pas,

Dérobent l'étoilée, son manteau hivernal,

Ses peaux et miasmes

Tout l'univers.







A l'emporte-pièce,

Un trait singeant la foule,

Mêlant opium et prose

Des douves feutrées,

L'espace d'un nerf qui arrache au temps,

Un descriptible qui tangue, saisit, s'énonce et chute…







Il n'y a plus rien, - personne n'a dit

Je est qui sommes la voûte et l’assommoir,





Ce désert ébloui nous regarde.





contact


plasticites-sciences-arts.org

***

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rencontre el-j-ché shapiro - 18 septembre

dimanche 19 septembre 2010 à 18h32 par Carol S.

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les oeuvres croisées





Rencontre du 18 septembre entre el-J-Ché et Carol Shapiro






Rencontre el-J Ché - Shapiro, le 18 septembre 2010


Le choc des chiquants.

Pistoles acérées, cout trop emballé,

Je passe la dague aux doigts.

L’argent et la larme se sont mariés

Pourtant je prêche toujours le vague aux lois.

Le Monet a fait vivre les nénuphars,

Le commandant couche-tôt a plongé dans le noir-bleu.

Je presse fortement la blague aux joies,

Je paresse posément le zig-zag en moi.

Tel Marsyas, je défie les Dieux,

Flûte bien notée, essoufflée de vivre tard.

La martingale a prédit mesdames messieurs,

Que mon pinceau de notes plantées,

Ecornerait leur empire, leur gloire.

Le choc des chiquants,

Mon tabac heurte leurs vis-âmes aux abois;

Le trac des non culpabilisant,

Ne m’enfume et prise du bout du nez leur odorat.



Ils m’envoient comme une lettre à riposte,

Que tout doit être digne, tout doit être émois.

Mais ils ne font que copier mes pensées.

Je jette ma bouteille a l’amour, avec ces mots qui les indisposent:

« Pourquoi donc cacher vos insignes,alors que tout doit être en soi »

Mais ils ne font que s’inspirer de nos passés.


En conclusion,

Si les Dieux sont là, ils sont un cheveux sadiques.

Et s’ils n’existent pas, cela rendrait obsolètes mes suppliques.

De toutes manières, je ne reste qu’agnostique,

Rêveur pessimiste, qui aimerait tant être dithyrambique,

Mais ne le peut pas.

Trop de questions plus éternelles que ceux, ceux qui ne descendent ici bas.

Je n’ai ni la, ni l’anti foi,

Je n’ai que mon chemin de choix.

Alors je fais avec.




18 septembre 2010


texte en écho, par carol shapiro
A el- j-ché



Il y a toutes ces routes éperdues de sens, toujours contrarié. Toujours recommencé. Effluves de saisons qui ruissellent. Nous transforment. Choc des regards posés : le nénuphar raconte cent milles reflets. Pas identiques. Uniques.

Nuit terrible, violentée par le fracas des vagues, entendues toutes ensemble, sans le temps, sans la marée qui renouvelle et inverse les signes. Reflux ? Porte cochère juste éclairée par cette vague sensation d'une proche ouverture. D'un déploiement.

La nuit est porteuse de toutes ces rencontres de signes que le jour a déployé, que l'entente a rendu possible. Mais parfois l'ombre d'une croyance joue au doute et se génère. Se propulse. S'auto-prophétise.

Dans la nuit, les pensées conduisent des troupeaux de bêtes incrédules portées par l'attente de l'eau. Ruisselle. Encore. Elle recommence ses voyages entre nuages et océan. Dieux, rosée devenue orage dans la clarté d'un matin étonné ?

On ne demande rien, juste ce froissement, cette brise venue d'un coin de souvenir devenue présent, changé par cette interminable palabre qui nous conduit.

La parole donnée, entendue, libère ses forces telluriques. On marche alors dans une forêt humaine. On traverse le seuil de toutes ces frontières inutiles. On connaît le moment où le monde se dérobera pour délivrer sa nouvelle parole. Entre-deux. Vers là où on ne l'attendait pas.

La question continue son périple. Les interrogations poursuivent l'escalade. Les orgues jouent dans les églises. Les chants des mosquées vibrent. Et celui qui ne se demande rien n'entendra pas ce silence posé entre deux couplets. Cette clairière. Cette pause qui rend possible la nouvelle mesure. Celle qui marque le rythme. Celle qui ne dicte rien. Qui ne fait que se poser entre, pour que l'intelligible trouve sa voie, sa mélodie, son tranquille refrain qui ne résonne jamais pareil.




18 septembre 20 10 5 :18

voir la page sur caravan

Source : www.caravancafe-des-arts.com

Rencontre entre un texte de El-JChé et territoires pélagiques de Patricia Proust-Labeyrie

dimanche 5 septembre 2010 à 07h01 par Carol S.

Rencontre entre "transculture", un texte de El-JChé et territoires pélagiques de Patricia Proust Labeyrie





territoires pélagiques



"PAYSAGE" dans la série intitulée "TERRITOIRE SILENCE "

format : 120 x 82,45 cm

technique : photographie tirée sur plexiglass






déambulation entre peintures, photographies, sons, installations … Entre Ciel – Météores – Abri – Silence et Paysage, cinq territoires formellement distincts, dont l’interaction plastique crée une unité à partir de la diversité.


... La réalisation de ce travail est issue d’un projet de recherche art et science* portant sur les rapports dynamiques que suscitent les éléments environnementaux sur le processus de création. Expérience qui m’a conduite à vivre seule durant un mois, sans intention précise, en disponibilité et porosité maximales, au cœur du paysage montagneux des Pyrénées Ariégeoises.



voir la page de P Proudt Labeyrie



TRANSCULTURE


Epanoui semant les germes du ciel,

Faisant ainsi grimper les bouquets fidèles.

Fidèles à qui vous demandez vous ???

A moi, à toi, à nous.

Et pourquoi "bouquets fidèles" vous questionnez-vous???

Parce que moi, toi, vous unissons-nous.

Comme les branches de la jungle verte,

Mangrove abordant tes eaux,

Territoire verdoyant, lumiere distincte,

Paysage de fée, conte sans ciseaux.

Car il ne faut surtout pas couper le lien,

L'étrange arborescence se fraye un chemin,

Uni Vidi, s'il te plait vit ici.

La familière phosphorescence rayonne comme à ses plus beaux jours même.

Médits, palis, près de mon coeur bruni,

Si tu ne comprends pas ces mots ce sang, ce poème.

Vitres teintées ?? non pourquoi se cacher.

Laisse moi t'éblouir, beatitude obligée.

Mon univers est ainsi, ton enrobage est instable,

Il suffit d'une pierre, pour que tes fenêtres soient brisées par le diable.

Mais en attendant je reste contemplatif,

Et cette pièce est moins fermée que le vieux chateau d'If

Bien au contraire c'est un lieu de mariage,

Toujours l'arborescence, toujours la lumière, et surtout le Passage.




El-J-Ché


***



voir la page El J-Ché

Mireille Grizzo sur une toile de François Catrin

mardi 19 décembre 2006 par Webmaster

Mireille Grizzo sur une toile de François Catrin

texte mireille grizzo sur indices du passé de françois catrin

Tant de murs
construits l’un après l’autre, l’un sur l’autre, l’un contre l’autre.
Masques de pierre, masques de terre.
Pavements gris, ocres, blancs, pas trop intense pour les yeux.
La violence est hors des couleurs, ailleurs.
Partout s’érigent ces pans de matières lointaines,
où la vie s’écrit.
Ce grain comme du marbre dur,
sur lequel glissent les mots.
L’échappée des gris et bleus ouvre un ciel si petit et si vaste.
Passage libéré des murs entre deux phrases.
L’entrelacs de lettres, présent malgré l’édifice,
malgré la rectitude des pierres.
Nostalgie des signes. Envie de signes.
Les voici cachés sous la matière, vibrant.
Briseurs des verticales, briseurs des murs.
Leurs ondes traversent les couches du temps,
racontent perpétuelles leur histoire.

Texte de D.Leduc sur "oiseau ombre" S.Reymond

samedi 9 décembre 2006 à 02h13 par Webmaster

Texte de D.Leduc sur "oiseau ombre" S.Reymond

Texte de Daniel Leduc sur oiseau ombre photographie, Stéphane Reymond

Oiseau Ombre


La forme du temps est cet oiseau immobile dans son vol que le regard perçoit entre deux surfaces d'ombre.
Ce que l'on regarde est-il l'ombre ou l'oiseau, le reflet ou le fond ? La rétine ne renverse-t-elle pas l'ordre des choses ? Et faut-il rétablir ce qui est bouleversé ?
L’œil est un oiseau ; les deux yeux sont un vol, une échappée de l'ombre.
Il appartient à la nature des choses de se définir par le reflet. C'est-à-dire par cette vision binoculaire qui confond en un seul temps l'ombre et l'oiseau, ce qui échappe et ce qui se retient.

BEN BRAKTIA

jeudi 26 octobre 2006 à 22h47 par Webmaster

Avoir le cafard ou pas

Libération. Révolution. Métamorphose. Du rouge de l'espoir au jaune de l'immolation est né le velour.
Métamorphose. Conscience. Conscience de soi. La question est: comment se voit-on? On n'est pas ce que l'on est. Ni ce que l'on naît. Je suis, c'est être Dieu. On est seulement ce que l'on a conscience d'être.
Problème. Quand il n'y a pas d'adéquation. Révolution. Métamorphose. Libération?
Enfermement. Etre enfermé pour ne pas être vu. Etre enfermé pour ne pas être jugé. Etre enfermé pour ne pas être dépossedé de la seule chose que l'on a en propre: sa conscience.
Toussements. Crachats. Fièvres. Rendre ses poumons pour ne pas rendre son âme. Cracher du sang pour ne pas cracher le monde. Transpirer des gouttes glacées pour ne pas pleurer à chaudes larmes.
Libération?
Cimetière juif. Conscience que les cimetières sont ceux de l'humanité. Métamorphose. Mais sans conscience. Pas de révolution, pas de libération. Métamorphose du monstre gesticulant de feu et de sang en monstre rampant de glace et de sang en monstre volant de jeu et de sang. Pas de problème de conscience. Pas de conscience. Métamorphose.
Les cimetières ne sont pas tous juifs. Mais dans tous les cimetières il y a des hommes. Métamorphosés. Matières en révolution. Libération?
Pas d'évolution.
Et les hommes attendent toujours devant la grande porte interdite. Pas de révolution. Et ils ne savent toujours pas que l'on ne s'enfuit pas par le bas. Pas de libération. Et ils ne savent toujours pas qu'il n'est pas interdit d'entrer. Pas d'évolution. Qu'il n'est pas interdit de résister. Qu'il n'est pas interdit de s'élever. Pas de conscience. Il faut sortir par le haut. Pas de métamorphose. Il faut rester humain. Les cafards et autres limaces, c'est juste bon pour les morts.
© Ben Braktia
09/07/2004

huile/carte marine traversée verte carol shapiro

texte Marc Heddebaux sur greenisland

mardi 12 septembre 2006 par Webmaster

texte Marc Heddebaux sur greenisland

texte de Marc Heddebaux sur greenislandcarolshapiro

On avait gratté l’or
Chiffonné les papiers
Décroché les soleils
Amassé les étoiles et tiré sur le ciel

Puis on a marché à l’envers
Piétiné les sillons pour goûter la terre
Noué les rubans qui menaient à la plage
Et soufflé sur le sable pour en peindre les nuages

On fermait les yeux en courant sur les vagues
On tissait le sel en filet de dentelle
On chantait des lumières qui charmaient les sirènes
Des couleurs d’ailleurs sur une portée de vent

On s’est mis en rond, en carré, en losange
En tout, en rien
On a foulé les algues pour les changer en vin
Et puis on l’a bu

Alors on a commencé
On a creusé la mer
Jusqu’à la terre
On a creusé la terre
Jusqu’à rentrer

Et à l’endroit pour manger
De nos doigts sur la table
On a tout mélangé

Comme un marc de café

Pour montrer

Texte de Yves Ughes sur "chaloupe de carol shapiro

lundi 3 juillet 2006 par Webmaster

Texte de Yves Ughes sur "chaloupe de carol shapiro

ainsi donc le nocher interviendrait ici pour définir le sens de cette nuit précaire saisie entre deux abîmes et dans le calme pourtant
on a certainement dû étudier une voie de passage pour franchir l’enchevêtrement des cris venus des rochers
ils sont implantés sur l’os de la terre mais mugissants désormais hors de portée finalement peu menaçants
par une conception rénovée du déferlement avec patience et discrétion se réalise enfin l’attente
où donc va cette masse de nuit la barque des angoisses n’est jamais tout à fait maîtrisable et la courbe des eaux plie parfois sous le Léviathan
floue et molles des paupières mâchoires émergent comme des restes de convulsions hors des eaux noires et lacunaires
mémoires de l’enfer marges convulsées

mais

le bleu veille jusqu’à l’extrême ligne de résistance
en deçà on ne sait pas
certainement y vivent des veines et elles sont vraisemblablement saturées circulant en des masses fibreuses
simples éclats relégués en bas de vitraux
dans cette adversité cotonneuse qui défait jusqu’aux visages les vagues y compris courent le risque de la soumission

mais

l’azur est là trace déchirée de nos vies il se fera donc échafaudage de néon et la clarté en nous
se dénouera


yves ughes

réaction à son œuvre
le 11 juil.-04.



chaloupe

huile sur bois

texte f.voilley sur une toile de florence jaboulin

samedi 29 avril 2006 à 04h01 par Webmaster

C’est ici (commémoration)

C’est ici qu’ils furent déchargés
qu’ils furent dénombrés
qu’ils furent dépouillés
qu’ils furent dénudés
qu’ils furent

c’est ici qu’ils travaillèrent
qu’ils dormirent
qu’ils chantèrent
qu’ils se turent

c’est ici qu’ils eurent froid
qu’ils eurent faim
qu’ils eurent soif
qu’ils eurent peur
qu’ils eurent

frédéric voilley été 2005



florence jaboulin

texte c shapiro sur oeuvre Bernard Vanmalle

samedi 29 avril 2006 à 02h36 par Webmaster

la porte ne raconte aucun
grincement

l’épaisseur
la durée d’un geste

l’avaleur de réverbères
brouille le feu
la porte ne grince pas

surgissent les amandes douces
les stations-service
du bidon

On ne conserve rien

pourtant
la trace d’un mot
l’intervalle de la lettre
la transmission d’un écart reconnu
ou inventé

Arrachement des halos de barrières

la libellule n’a pas
remué l’eau

un diseur de bonne aventure
écume les sens
traversés

et les trottoirs

nos petites fabriques cochères
oublient parfois la
fraîcheur du remous des branches
à l’orée
d’une bougie rallumée

sur lettres naturelles
de B. Vanmalle
c. shapiro 6 juin 2005



Alain Freixe, sur une toile de Véronique Ferrandis

dimanche 9 avril 2006 à 03h55 par Webmaster

Bleu, après noir

Ca a toujours déjà commencé, ce bleu. C’est juste après le noir. A près le bruit de semelles que j’entends. Et ces dessous de terre et de boue que je vois comme grattés sur un paillasson de bout du monde. Là où personne ne va.

Et à travers ces traces abandonnées, le silence revient dans un balbutiement bleu de fleurs.

Assez de mots ! Plus de mots !
Derrière s’arrondit la véronique. Entre ses plis et le sable qui se soulève, s’engouffre le sang, la salive la terre et la lumière. Et c’est une musica callada *on devine.
A l’ombre, c’est sa tourne. Son repliement. Et en perce, ce bleu, dans son effacement, qui revient comme un ciel inapaisé. Là- Haut. Dans les trouées. Bleu qui se strie. Fait bande. Referme ses angles.
Et qui déjà disparaît quand il s’incline. Plié au noir.

Et c’est cela que tu voulais. Disparaître ! Avec la pâte même du vent qui se lève. L’air qui revient. Et longe l’abrupt de nouvelles parois. L’escarpé d’anciennes falaises. Le jour en sa pointe. Avec au bout le bleu. Ce bleu après le noir.

*Littéralement cela se traduit par « une musique tue ». On n’entend rien. Fin silence .mais habité. Et c’est là toute la musique du toreo. Ce suspend. Cet entredeux.

Alain Freixe

contact(à venir)

09/10/2004 à 00h00

texte François Thomas sur "oiseau sombre - Reymond

dimanche 9 avril 2006 à 02h28 par Webmaster

Des tâches dans la nuit

Un oiseau qui se perd

Une ombre d’oiseau dans la nuit

Des bulles au contour indéfini

Une atmosphère moite

Pas d’envol possible dans la lourdeur

Cadre factice où aucune limite n’existe

Noir, blanc, gris

Moi, toi, nous

Nos pas sont lourds

Et pourtant tout est sec !

Vers où se tourner ?

Pour aller où ?

Avec qui ?

Pour combien de temps ?

Que viennent les zébrures des cieux en colère !

Que viennent les temps qui viendront déchirer cette noirceur !

Que viennent les hordes qui dévasteront ce calme triste !

Que viennent les couleurs et les chants paillards !

Que s’envolent les oiseaux qui laisseront les peaux mortes de leurs ombres !

François THOMAS le 21/08/2004


site commun :
http://www.nad-et-francois.com
site personnel : artmajeur.com/francois
roman sur /www.manuscrit.com/

stéphane reymond :
le site www.st-antigone.com"
***

Texte de F Thomas sur toile de S. Petrovich

dimanche 9 avril 2006 à 02h21 par Webmaster

Regarde-moi ! Allez, regarde-moi !

-Qui veux-tu que je regarde ?

-Mais moi, voyons ! Regarde-moi !

-Je ne sais pas où regarder.

-Mais n'aie donc pas si peur !

-Tu es à l'aise pour en parler, mais tu as deux visages et des deux, lequel me parle, lequel je vais regarder ?

-Est-ce si important ?

-Moi, je regarde toujours droit devant moi et je suis clair pour tout le monde !

-A qui veux-tu faire croire que les mots sont mieux qu'une image enfouie
dans tes souvenirs ? Ta tête n'en fera qu'à sa guise et tu choisiras bien ma face que tu préfères ! L'autre, eh bien, ce sera pour un autre jour !

-Oui, mais tu t'es vue, quand tu regardes de travers et que tu présentes ton visage déchiré, comme si tous les hommes de la terre t'avaient fait pleurer ?

-Et alors, tu vois ce que tu veux sur mon visage ! Est-ce que je dois toujours avoir un visage d'ange ? Est-ce que, parfois, tu ne portes pas, toi
aussi, le masque de la tristesse, de la douleur, de l'effroi.

-Oui, sûrement, mais pas en même temps qu'un rire sur un autre visage !
-Alors, il faudra t'y habituer ou partir, et je me laisserai voguer dans la nuit, comme une feuille de papier un peu froissée, et tu ne sauras pas ce qu 'il y a derrière ces visages que tu ne comprends pas !

-Je suis déjà trop fatigué et j'ai peur de ce que je pourrais trouver derrière toi ! Alors, je pars, je t'abandonne avec tes mystères ! Je préfère m'allonger sur mon lit et regarder le plafond blanc qui ne reflète rien d'autre que mes pensées !

-Pars, pars, et ne te retourne jamais sur tes pas, tu pourrais apercevoir l'ombre de ton deuxième visage !

François THOMAS le 21/08/04

Dessin François Thomas sur texte G. Soulier

dimanche 9 avril 2006 à 02h17 par Webmaster

Dessin François Thomas sur texte G. Soulier

Ghisleine Soulier, pharmaciens sans frontières
Responsable Communication
4 ***
psfci.org

Si j’étais artiste et que je devais représenter le monde d’aujourd’hui, je dessinerais un globe où l’hémisphère nord serait la moitié supérieure d’un homme obèse, étranglé par une cravate en forme de billets de banque et avec des yeux glauques et avides, des crocs pointus jaillissant d’une bouche où l’on apercevrait cependant des molaires cariées par tous les excès.
L’hémisphère inférieur du globe, qui supporterait avec difficulté cet énorme buste, serait un enfant squelettique et en haillons. Autour de lui, des cadavres, des dons inutiles (boîtes de pilules de régime amaigrissant par exemple) mais aussi des diamants, des minerais et tout ce qui peut représenter les richesses des pays où s’avancerait, en catimini, l’énorme main droite (pleine de bijoux) du buste supérieur tandis que son énorme main gauche, à moitié cachée sous sa manche, déposerait délicatement (petit doigt levé) une arme aux pieds de l’enfant.


Existe-t-il un artiste intéressé à traduire ma mauvaise conscience et ma peur pour l’avenir de l’humanité ?


extrait de l'interview une question à...

(dessin aux feutres sur feuille 29,7 x 42 cm (90g/m2)

artmajeur.com/francois
***






créé le 27/08/2004 à 00h00

C. Danjou -rencontre avec l'oeuvre de F. Fourquet

dimanche 9 avril 2006 à 02h07 par Webmaster

Lieu. Aire. Arbres fruitiers. Vantail ouvert. Et quelque chose de clair quipasse. Que dit-on de cela ? Qu'une présence.

Avec une forme. A imaginer. A se rappeler. L'été où le jardin entrait dans la maison noire, portes closes, murs épais, et cette poussière, et ce sable, et ces pétales, et ce chapeau de paille accroché à la patère. Tout s'est amoncelé. Jusqu'à ce que la brise elle-même semble se matérialiser. Cela s' entendait du fond de la chambre. Quelque chose d'un peu félin dans le pas ou le frôlement des murs. Mais ce n'était pas le chat qui, tout à l'heure. Il avait fait siffler l'air comme une épée !

La. la, forme, silhouette, colonne, présence, on ne savait qui. Mais chantonnait. Parce qu'il y avait des brins de paille qui glissaient sur un rai de lumière. Puis un oiseau complètement affolé.


Pourtant il faisait encore sombre dans la maison. Une robe vaporeuse suspendue dans le noir presque uniforme de la chambre. C'est un noir épais. Un lieu gouaché. Il signifie que tout a disparu. Que l'effacement s'est produit le jour où la robe.

La branche du mûrier a fini par empêcher la fermeture des volets. La maison retournée, son jardin intérieur, ses poutres, ses tables, ses cendres dehors.

Sur la terre - à chercher les empreintes dans toutes les pièces – des craquelures, des fourmis. Une file ininterrompue. Voilà ce qui se perçoit dans l'herbe blanche et le sol labouré. Une aire minuscule où tournent des fourmis, longues, longues, lentes. Quelle forme inventer ? Une ville. Ou plus simplement une grange. Un théâtre. Une haie. Qui les emmure. C'est à peine visibles, à peine prisonnières, que les fourmis montent leurs remparts. Avec pailles, tiges, fils, fragments, fruits noirs du mûrier.


Qu'aurait-on oublié de dire ? La robe jetée comme un suaire sur. Lentement désagrégé le corps, et qui rejoignait le lieu. Les fourmis tout le long.

Il arrivait parfois qu'un peu de conscience et de tendresse. La robe tombait. A tenir dans son passage, de l'amour, de la soie, une certaine douceur, puis, très vite, toutes choses pleines de vivacité, de souplesse, de clarté, de ce qui était contraire à l'enfermement.


FORMES - Chantal Danjou

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créée le 14/10/2004 à 00h00

installation Bitchatch sur Le Pont, texte Joyard

dimanche 9 avril 2006 à 01h53 par Webmaster

"Le secret"- Installation de Daphné Bitchatch
tracant un lien sur les mots, le rêve "Le pont" de Michel Joyard...

Le Pont

« Attends-moi ici » dit ma grand-mère.
Elle retourna au fond de la grange et je l’entendis fourrager dans un amas de vieux foin.
Quand elle revint, elle tenait d’une main contre elle son tablier relevé en forme de poche. De son bras libre elle ferma le portillon.
« Allons ! … » dit-elle.
Nous traversâmes la place du village. Nous étions les seuls dehors. La pluie avait cessé. Un peu partout les gouttières dégoulinaient. Il restait des petits tas de neige sur les talus et près des seuils. Nous descendîmes l’avenue en direction du pont.
Deux montagnes parallèles très noires lardaient la vallée. Au loin, une autre montagne, plus basse, bleuâtre, les fermait. Le temps était encore à la pluie. Des nuages d’un blanc sale couraient en dessous du ciel gris et, çà et là touchaient les sapins. On n’entendait pas le bruit habituel de la rivière.
Je me hissais au-dessus du parapet pour voir l’eau. Les premières cascades et les bancs de gravier avaient disparu. L’eau boueuse coulait à pleins bords et fuyait en ligne droite vers le fond du paysage.
Ma grand-mère tira de son tablier un petit sac de toile blanche.
A bout de bras, elle le balança deux ou trois fois au-dessus du vide et le lâcha. Il se posa sur l’eau. Une éternité minuscule se passa tandis que le courant le prenait.
Je ne compris pas immédiatement d’où venait la plainte : c’était des miaulements emmêlés, aigus, étonnés. Ils décrurent à mesure que la rivière emportait sur son dos le petit sac de toile blanche.
Dans mon rêve de la nuit suivante, la petite bohémienne entrée quelques jours plus tôt à l’école avait remplacé les chatons : essayant vainement de se retenir aux berges, elle me regardait fixement.

Le secret...


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